Fondation Phenix

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Addiction au sexe

Ce que la Fondation Phénix propose

La Fondation Phénix a été amenée à plusieurs reprises à s’occuper de la problématique de l’addiction au sexe et a développé une étroite collaboration avec un réseau de médecins psychiatres et de sexologues.

Définition, risques et effets

Addiction sexuelle : impulsion- compulsion - addiction

C’est un psychologue américain, Patrick Carnes, qui a lancé en 1975 ce concept de dépendance sexuelle dans son best-seller « Out of the Shadows ». Huit ans après cette première publication, Patrick Carnes fonde une clinique spécialisée dans le traitement de cette nouvelle forme de dépendance, Golden Valley Health Center, à Minneapolis.

Au niveau médical et dans la littérature scientifique c’est Aviel Goodman, psychiatre d’orientation psychanalytique, qui développe la notion de dépendance sexuelle, désormais reconnue comme une maladie en Amérique du Nord, mais non encore en Europe.

Grand nombre de psychiatres et de sexologues européens nient d’ailleurs l’existence d’une telle pathologie et préfèrent se consacrer à l’absence de désir qu’à son excès. Nous sommes dans un domaine où a longtemps prévalu l’idée qu’il ne pouvait y avoir de maladie ou de trouble que par défaut, par manque, par inhibition, par blocage psychologique ou misère sociologique.

La dépendance sexuelle se situe entre deux formes extrêmes. L’une, proche de l’addiction à l’amour, se caractérise par la répétition forcenée d’aventures sexuelles ; l’autre rejoint les pratiques « ludiques » ou « virtuelles » : l’addiction au sexe, comme la cyberaddiction, se résume en effet souvent à la pratique compulsive de la masturbation.

La notion de sexualité addictive est proposée depuis 1988 par les psychiatres nord-américains Reed et Blaine qui décrivent un processus en quatre phases dans lesquelles se retrouvent des dimensions à la fois compulsives et impulsives :

  • Phase d’obsession, dans laquelle en réponse à des difficultés existentielles, le sujet est totalement absorbé par des préoccupations sexuelles ;
  • Phase de ritualisation, c’est-à-dire exécution des rituels qui précèdent le comportement sexuel ;
  • Phase d’agir sexuel, qui entraîne un soulagement temporaire et provisoire ;
  • Phase de désespoir avec un sentiment d’impuissance à contrôler sa conduite.

Comme d’autres formes de dépendance, l’addiction sexuelle se construit par un processus au cours duquel nous distinguons plusieurs étapes : l’expérimentation, l’usage occasionnel (festif), l’usage régulier, mais qui ne constitue pas encore une raison de consulter. C’est lorsque cet usage devient une réponse à des difficultés existentielles que peut commencer à s’installer une problématique addictive, c’est-à-dire une dépendance qui va devenir source de souffrance.

Les addictions sexuelles concernent plus souvent des hommes, mais l’addiction sexuelle féminine existe aussi.

Incidences

La plupart des sujets sont envahis par des préoccupations sexuelles, et l’essentiel de leur temps est consacré à séduire et à passer à l’acte, au détriment de toute forme d’investissement familial, professionnel et social. Mais, dès l’acte sexuel accompli, ils sont proie à l’insatisfaction, puis à la culpabilité et enfin, à l’envie impérieuse de recommencer (craving). Le recours aux services des prostituées est fréquent et coûteux.

Le DSM-IV propose un « Trouble sexuel non spécifié » qui peut être considéré comme une version « officielle » de l’addiction au sexe. Toutefois, ce trouble n’est guère précisé et aucune indication n’est donnée sur sa fréquence.

Le sujet lutte sans succès pour mettre fin à une conduite dont il est à la fois l’auteur et la victime.

Dans le champ de la sexualité se pose la question des limites et des éventuels chevauchements entre conduite impulsive, compulsion et addiction. Le débat « où se situent les addictions » est loin d’être clos. Aviel Goodman considère que les impulsions ont pour fonction la recherche du plaisir, les compulsions l’évitement de la souffrance, et les addictions les deux à la fois.

Le fait que la notion d’addiction sexuelle soit à la fois très répandue en Amérique du Nord et très contestée surtout en Europe, mérite un examen attentif, car elle condense la question des frontières entre normal et pathologique au niveau médical, et entre normalité et délinquance au niveau social.

L’association « Les Sex and Love Addicts Anonymous » a été fondée en 1976 aux Etats-Unis par des anciens membres des Alcooliques Anonymes, s’inspirant des travaux de Patrick Carnes. Elle propose des groupes d’entre-aide où une vingtaine de personnes viennent partager et parler de leurs problèmes sexuels. Pour y parvenir, il faut suivre un programme de rétablissement en douze étapes qui permet de parvenir à la sobriété sexuelle : « au libre choix, à l’équilibre et à la dignité personnelle. ». Ce programme est une sorte de réveil spirituel progressif : après avoir reconnu son impuissance à se contrôler et s’être fait pardonner ses erreurs du passé, le nouveau membre décide de consacrer sa vie à son mieux être personnel. Cette association connaît un grand succès aux Etats-Unis. Les premières associations de ce genre sont arrivées en Europe, mais restent très clandestines. A mi-chemin entre stoïcisme et comportementalisme, « Les Sex and Love Addicts Anonymous » rejettent toute visée thérapeutique, tout en soutenant cependant que leur groupe aide à dépasser la dépendance sexuelle et à devenir abstinent.

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