Achats compulsifs
Ce que propose la Fondation Phénix
Les principaux modes de prises en soin psychothérapiques des acheteurs compulsifs sont les thérapies individuelles de type cognitivo-comportemental. Dans les thérapies, les personnes travaillent surtout sur la notion d’un autocontrôle à mettre en place lorsque survient une émotion négative susceptible de conduire vers des dépenses excessives.
L’attitude de l’entourage de la personne qui souffre du syndrome d’achats compulsifs oscille souvent entre la compassion et la condamnation. Il est très difficile pour l’entourage de savoir quelle attitude adopter vis-à-vis de ces « suicides à la carte de crédit ». Les personnes consultant pour les achats compulsifs parlent très souvent de cette incompréhension et de ce rejet de la part de l’entourage, raison principale pour laquelle les thérapies familiales sont très souvent associées aux thérapies individuelles de type cognitivo-comportemental.
Les antidépresseurs (les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine) peuvent être prescrits pour obtenir un effet sur la dépression et sur l’impulsivité.
La Fondation Phénix offre des réponses adaptées à toute demande d’évaluation ou de prise en soins.
Définition, risques et effets
Les achats compulsifs : une addiction au féminin
Les achats compulsifs sont définis par un comportement d’achats incontrôlés et une tendance répétitive aux dépenses entraînant des conséquences négatives personnelles, familiales et sociales. C’est McElroy et ses collaborateurs qui ont proposé déjà en 1995 des critères diagnostiques d’achats compulsifs reprenant les principales caractéristiques du syndrome de dépendance :
- Pensées envahissantes et gênantes concernant les achats ou comportement d’achats inadaptés ou impulsion d’achats correspondant à au moins une des propositions suivantes :
- Pensées envahissantes et gênantes concernant les achats ou impulsion d’achats vécue comme irrépressible, intrusive et dépourvue de sens.
- Achats fréquents supérieurs aux capacités financières, achats fréquents d’objets inutiles ou achats durant une durée plus longue que prévue.
- Pensées, impulsions ou comportements provoquant une gêne marquée et faisant perdre du temps ou perturbant sensiblement le fonctionnement social ou les loisirs ou entraînant des difficultés financières (par exemple dettes, interdits bancaires).
- Le comportement excessif d’achats n’apparaît pas pendant une période pouvant être décrite comme maniaque ou hypomaniaque.
Les principales caractéristiques des achats compulsifs sont :
- Leur accomplissement solitaire (85 % des achats compulsifs).
- Les achats compulsifs sont plus souvent des cadeaux pour soi-même ou pour les autres (50, 4%) que des achats de première nécessité.
- Les objets sont plus souvent choisis en fonction de l’image sociale qui leur est associée. Les acheteurs compulsifs investissent plus que les autres les situations d’achat.
- Ils considèrent qu’un tiers de leurs achats sont des occasions exceptionnelles à ne pas manquer (un 10ème d’achat chez les acheteurs normaux).
- L’objet acquis est moins chargé d’intérêt que la situation d’achat.
- Plus de 50 % des acheteurs compulsifs utilisent moins que prévu les objets acquis.
Près de 275’000 Suisses, soit environ 5 % de la population, souffrent d’une compulsion aux achats, révélait une étude menée par la Haute Ecole de travail social de Berne en 2004. Les acheteurs compulsifs sont surtout des femmes mariées ayant plutôt un bon niveau de vie (près de 90 % selon la plupart des études). Mais les hommes commencent à s’y mettre aussi. Les troubles débutent vers l’âge de 30 ans (la moyenne d’âge des acheteurs compulsifs est de 39 ans).
Incidences
Comme dans toutes les addictions, la recherche des comorbidités peut orienter la démarche thérapeutique. Les comorbidités psychiatriques les plus souvent associées sont la dépression (61 % des cas), les crises d’angoisse (15 %), la dépendance aux substances (20 %).