Cyberaddiction
Ce que propose la Fondation Phénix
Pistes cliniques et thérapeutiques
Deux approches complémentaires sont proposées par le Centre Phénix Mail pour adolescents et jeunes adultes (voir Centre Phénix Mail) pour répondre aux jeunes et leurs familles touchés par la l’addiction à l’internet. Premièrement, la thérapie cognitivo-comportementale aide à identifier le manque ou la faiblesse à laquelle l’internet cherche à répondre. Elle permet ensuite de partir à la découverte d’autres moyens d’y répondre.
L’approche systémique, de son coté s’intéresse à la fonction de l’addiction pour la famille dans son ensemble. Dans le cas des familles désengagées, les défis sont l’organisation d’un système thérapeutique cohérent et stable, ainsi que le maintien de l’intérêt des participants autours d’un même objectif, ceci afin de permettre à la famille de traduire le comportement symptomatique en termes d’expression relationnelle et émotionnelle.
Définition, risques et effets
Cyberaddiction : plaisir - passion - addiction
L’internet est un outil extraordinaire de recherche, de communication, de créativité, d’information, de divertissement et enfin d’expression démocratique. Or, le rapport au net se complexifie à mesure qu’il devient indispensable au quotidien.
C’est en 1996 que la psychologue américaine Kimberly Young présente à Toronto une conférence intitulée « Internet addiction : the emergence of a new clinical disorder ». Depuis, plusieurs recherches ont été menées afin de mieux cibler cette nouvelle forme d’addiction.
Du point de vue épidémiologique, la cyberaddiction touche de plus en plus les jeunes de moins de 20 ans. De plus, ce trouble tend à se généraliser aux membres des deux sexes. Selon différentes études, 2 à 10% des utilisateurs d’internet développent une addiction.
S’il est difficile de mesurer cette addiction en terme de nombres d’heures passées devant l’écran, il paraît important de tenir compte des dommages que son utilisation créée dans la vie de la personne.
Les symptômes psychologiques de la cyberaddiction sont :
- un sentiment de bien-être et d’euphorie à naviguer sur Internet,
- une incapacité à s’arrêter,
- un besoin d’augmenter de plus en plus le temps consacré à Internet pour obtenir l’effet désiré,
- un manque de temps pour la famille et les amis,
- un sentiment de vide, de dépression, et d’irritabilité quand l’utilisateur est privé d’un ordinateur,
- des mensonges sur ses activités à la famille ou aux amis,
- des problèmes à l’école ou au travail.
Les conséquences peuvent être :
- des maux de tête migraineux,
- des maux de dos,
- le syndrome du tunnel carpien,
- une sécheresse des yeux,
- des repas irréguliers ou sautés, une perte de poids,
- une mauvaise hygiène personnelle,
- des insomnies ou des changements dans le cycle du sommeil.
Les conséquences psychiques peuvent être :
- un désintérêt général,
- un désinvestissement relationnel,
- des symptômes dépressifs,
- des symptômes de l’anxiété,
- une résistance à reconnaître le problème, le déni,
- des problèmes de comportement.
Les conséquences au niveau de l’école peuvent être :
- une somnolence au fond de la classe,
- un absentéisme (d’abord les premières heures de la matinée),
- un effondrement des résultats scolaires,
- un redoublement de classe,
- une rupture scolaire.
Adolescence, familles et ordinateurs
Dans les familles où apparaît une cyberaddiction, il est souvent constaté :
- une organisation interne floue voire chaotique,
- peu d’échange affectif,
- peu de surveillance,
- une hiérarchie mal définie,
- peu de règles de fonctionnement,
- une relation aux amis décrite comme plus importantes que les relations familiales.
En fait ces familles réunissent un nombre de caractéristiques typiques des familles désengagées qui se distinguent par une certaine froideur émotionnelle, encourageant l’individuation au détriment de l’appartenance familiale. Ici, les frontières interpersonnelles sont clairement établies, alors que la frontière familiale est floue.
Ces observations sont particulièrement intéressantes de par leurs retombées thérapeutiques.
Addiction Suisse offre une description sur son site internet.