Addiction à l’héroïne et aux opiacés
Ce que propose la Fondation Phénix
La plupart des demandes de soins concernent l’addiction à l’héroïne et dans une moindre proportion, l’addiction à l’opium et aux médicaments analgésiques opiacés, comme la morphine (morphini hydrochloridum), le MST continuus (morphini sulsas tentahydricus), le kapanol (morphini sulsas pentahydricus), le tramal (tramadol) et d’autres encore (voir compendium suisse des médicaments 2008).
La fondation Phénix propose :
- un programme de substitution (la cure) ;
- un programme de sevrage des opiacés ;
- un suivi appelé post-cure, c’est-à-dire un suivi médico-psychothérapeutique suite au sevrage ou suite à la cure de méthadone.
Quel que soit le traitement, sevrage ou substitution à court, moyen ou long terme, il a pour but d’aider le patient à retrouver une autonomie personnelle satisfaisante et à accéder à une vie avec abstinence de la drogue.
Avant chaque début de traitement, une évaluation est réalisée pour déterminer la présence d’une dépendance aux opiacés, ainsi que d’éventuelles comorbidités psychiatriques.
Un bilan de santé ciblé est proposé dans le but de détecter d’éventuelles infections ou des perturbations cardiaques.
Un bilan social peut être fait par la suite, ainsi qu’un suivi régulier avec des travailleurs sociaux.
Selon indication, le traitement comprend également un suivi psychothérapeutique, la prescription de médicaments en cas de troubles psychiatriques et le recours aux approches corporelles.
En parallèle avec les entretiens individuels, le travail avec l’entourage du patient est très utile (famille, conjoint, amis).
Le programme de substitution
Un contrat thérapeutique, adapté au besoin de chaque patient, est réalisé avec fixation des objectifs pour le premier mois de traitement. Ensuite des évaluations périodiques permettent de fixer les nouveaux objectifs. Ceux-ci prennent en compte l’évolution globale de la personne (état de santé, autonomie sur le plan psycho-social, abstinence).
Le traitement de substitution (de même que tout autre traitement pharmacologique) peut être refusé en cas d’intoxication, quel que soit le produit en cause (alcool, benzodiazépines, cocaïne, ecstasy, héroïne ou autre).
Le traitement de substitution peut se faire avec la méthadone, la buprénorphine (« Subutex® », « Temgesic® »), la morphine (« Kapanol® », « MST Continuus® »), ou le tramadol (« Tramal® »). Un traitement de prescription d’héroïne peut être envisagé ailleurs en cas d’échec de substitution avec ces substances.
Préalablement au traitement de substitution, doivent être mis en évidence la présence d’opiacés dans les urines et la présence des symptômes d’une dépendance aux opiacés selon les critères de la CIM-10 ou du DSM-IV (cf. page "addiction et dépendance"). Une demande d’autorisation auprès du médecin cantonal est également obligatoire (avec présentation d’une pièce d’identité). .
La méthadone est d’abord prise deux à trois fois par jour jusqu’à stabilisation de la dose donnée, ce qui prend en général 3 à 5 jours. Ensuite, le traitement est pris en une seule fois.
Au début les passages sont journaliers et la prise de méthadone se fait devant l’équipe soignante. Pour le week-end le traitement est emporté.
Selon l’évolution médico-psycho-social du patient, les passages au centre sont espacés jusqu’à un passage par semaine dans le meilleur des cas.
Il est possible de partir en voyage si le traitement se déroule régulièrement et si la durée ne dépasse pas 4 semaines (excepté en début de traitement). Les vacances doivent être annoncées au minimum 2 semaines à l’avance.
Les traitements sont pris en charge par l’assurance maladie de base.
Le programme de sevrage
Le sevrage est proposé aux personnes socialement bien insérées, ayant une toxicomanie de courte durée et ne présentant pas de troubles psychiatriques et/ou somatiques importants.
Si le sevrage ambulatoire s’avère trop difficile ou problématique, une hospitalisation en milieu psychiatrique peut être envisagée.
Si l’administration régulière de médicaments (méthadone ou autre) est un élément important des soins, le contact régulier avec un centre de traitement et un thérapeute en constituent également des éléments fondamentaux.
Le suivi post-cure
A la fin du sevrage ou de la cure de méthadone, il est conseillé au patient de garder un contact avec le centre de traitement dans le but :
- d’assurer le maintien de l’abstinence ;
- de développer des outils pour prévenir la rechute ;
- de consolider les acquis sur les plans psychologique et social ;
- de bénéficier d’un soutien pour affronter les difficultés qui risquent de se présenter.
En effet, le cadre soutenant établi durant la phase précédente est un élément important du traitement. En cas de rupture abrupte, sa disparition, ajoutée au trop plein d’émotions souvent ressenti à l’arrêt de la médication, peuvent entraîner une période de fragilité psychologique, terreau fertile pour un risque de rechute. Le maintien d’un suivi, dont la fréquence est à déterminer individuellement, permet de naviguer parmi ces écueils en vue d’assurer une abstinence durable.
Définition, risques et effets
Addiction Suisse offre une description complète sur son site internet.
L’université de Genève propose également un descriptif détaillé.