Témoignages de nos patients


 

Auguste,  patient du Centre Phénix Chêne

Il est 6h30 ce matin. Contrairement à d’autres jours, j’émerge facilement. A 8h, j’ai rendez-vous au Centre de Chêne de la Fondation Phénix. Café, douche, préparation des biberons des filles, un thé pour Madame, j’embrasse mon petit monde et j’embarque pour ma séance.

Arrivé sur place, c’est une autre famille que je retrouve. Une famille thérapeutique auprès de laquelle je peux vider mon sac deux fois par mois. Une famille professionnelle formée pour écouter, pour comprendre sans jamais juger. On m’accueille avec un café long, un sucre. Ils savent comment je l’aime, depuis le temps. Je me sens déjà mieux. La séance débute et d’emblée, on me propose de rédiger ce témoignage. Je suis touché, ému et honoré de pouvoir rendre un peu de ce qu’on m’a donné chez Phénix.

En débutant ma thérapie, je fumais une dizaine de gros joints par jour, avec tous les inconvénients que suppose une telle dépendance : difficultés de concentration et de mémoire, fringales, odeurs, rechutes dépressives. C’était néanmoins ce dont j’avais besoin pour me détendre, oublier ma dépression, mettre en sourdine mes ruminations, supporter le malheur des autres, l’injustice et la pression constante qu’implique mon métier d’avocat. Le premier conseil reçu m’a surpris: n’arrêtez surtout pas maintenant. Un conseil facile à suivre. On s’attaque au fond : que compense ma consommation ? Un déficit d’amour propre, une éducation aimante mais schizophrénique, une personnalité atypique difficile à appréhender pour mes proches, ma famille et même par moi. On travaille l’acceptation. Pas de stratégie toute faite, mais une écoute qui me permet, au fil des mois, de développer mes propres stratégies, sur mesure. Avec des hauts et des bas : la naissance de mes filles, le décès de mon père, mes angoisses financières, mes succès professionnels, mes doutes existentiels, mes problèmes respiratoires, mes difficultés conjugales, mes émerveillements et mes idées noires ; tout y passe. Toujours sans jugement. A chaque étape, on m’écoute, on me suggère d’autres points de vue et on me rappelle, quand je l’oublie, qu’à la nuit succède toujours le jour. Petit à petit, on me donne envie de réduire ma consommation, de la rendre moins nocive, pour moi comme pour mon entourage. Je passe à la vaporisation, je respire mieux et je sens moins mauvais. Lorsque le CBD débarque en vente libre, je m’y mets pour diminuer la quantité de THC que je consomme et qui n’est plus aujourd’hui qu’une infime fraction de ce qu’elle fut. Il m’arrive de rechuter, bien entendu. Dans ces cas-là, pas de pensée magique chez Phénix, mais un accompagnement bienveillant qui me donne envie d’avancer, de reprendre le contrôle de ma dépendance plutôt que de la subir.

J’ignore ce que je serais devenu sans ce soutien. Aurais-je cédé à une pulsion suicidaire ? Aurais-je sombré dans d’autres dépendances fatales ? Ce que je sais, c’est ce que je suis devenu grâce à Phénix : un époux et un père comblé, un avocat qui fête cette année ses dix ans d’activité après avoir formé à son tour une avocate devenue collaboratrice auprès de lui et un homme qui s’efforce de prendre la vie comme elle vient, d’y déceler les petits bonheurs qui font toute sa valeur et de relativiser les malheurs sans lesquels toute joie serait banale. Cette fondation porte décidément bien son nom : Phénix ou l’évocation d’une renaissance. Rien n’est encore joué mais je sais aujourd’hui que tout est possible, même le meilleur. Merci Phénix !

Auguste

 


 

Valérie, patiente du Centre Phénix Chêne

Après 30 ans d’abstinence aux « drogues dures », essentiellement l’héroïne, il a suffi d’une seule prise de méthadone pour anéantir les efforts de 30 ans.

J’ai essayé d’en parler à ma psychiatre mais me suis heurtée à son incompréhension, selon elle rien ne justifiait cette rechute après tant d’années, c’était juste un manque de volonté de ma part. En l’écoutant, j’avais l’impression de revenir 30 ans en arrière, rien n’avait changé, j’ai ressenti une intolérance à la limite du mépris pour « les gens comme moi ». Sa réaction m’a choquée à tel point qu’elle a rompu la confiance que je lui faisais mais aussi celle que j’avais envers les psychiatres et psychologues en général.

A bout, livrée à moi-même, me sentant honteuse et énormément seule face à ce que je vivais, ne sachant plus à qui m’adresser, j’ai pris contact avec le centre Phénix de Chêne.

Dans l’urgence, en 24 heures, j’ai été accueillie et prise en charge. Plusieurs entretiens avec une psychiatre et un bilan avec un médecin généraliste. Puis on m’a proposé différentes solutions, conseillé sur ce qui semblait être le mieux pour moi tout en me laissant le choix.

Je suis très reconnaissante d’avoir trouvé un lieu où je me sens comprise, considérée comme une personne à part entière dont seul le bien-être compte. Toutes les décisions concernant mon suivi et mon traitement sont prises en accord avec moi, en tenant compte de mes besoins. Un endroit où l’on ne me juge pas, où la dépendance est considérée comme une maladie bien plus complexe qu’un manque de volonté. Un espace où j’ai le sentiment d’exister en étant écoutée et entendue.

C’est aussi extrêmement rassurant de savoir qu’en cas de problème ou d’urgence il y a toujours une personne disponible. Et sans nouvelles de ma part, là aussi quelqu’un fait son possible pour me joindre et s’assure que je vais bien.

Aujourd’hui, j’ai trouvé une stabilité avec le traitement. Par contre, psychologiquement encore très fragile, j’ai besoin d’un suivi régulier avec une psychologue, ce qui m’est d’une grande aide mais surtout, et le plus important à mes yeux, c’est que grâce à ce suivi psy, j’ai retrouvé la confiance que j’avais perdue envers les psychologues et psychiatres. Je me sens suffisamment en sécurité pour enfin aborder en profondeur mes souffrances cachées.

Pour conclure, si je devais écrire un mot pour définir mon ressenti envers la fondation, ce serait « bienveillance ».

Valérie

 


 

Laura, patiente du Centre Phénix Envol

Le Centre Phénix Envol m’a été recommandé pendant mon séjour à la Clinique de Montana en 2018.

J’étais, lors de cette période, perdue à l’idée de rentrer à Genève et de devoir me confier à de nouveaux soignants. J’ai rapidement trouvé le soutien dont j’avais besoin, une structure accueillante et humaine, un programme adapté, le personnel dynamique dont la complicité m’a rapidement apporté confiance.

C’est une réelle opportunité que de trouver dans le même établissement toutes les thérapies dont j’avais besoin (médecin, psy, groupe, luminothérapie, méditation, activités extérieures, conférences/débat, …).

A ce jour, je suis attachée à leur dévouement et leur programme qui m’apporte les outils dont je me sers au quotidien.

La période d’isolement liée au Covid a été très difficile, mais j’ai pu bénéficier d’une « bouée de sauvetage » sous forme d’entretiens téléphoniques, ce qui a été très important pour moi.

Je ne peux que remercier la Fondation Phénix de m’avoir prise sous son aile et de m’avoir aidée à sortir de mon addiction. Je la recommande à tous.

Laura

 


 

Norah, patiente du Centre Phénix Grand-Pré

Un regard, mon regard, 

lumineux, éclairé, apaisé,

Un regard qui s’émerveille sur ma fille de 10 ans, dormant, rêvant sans doute maintenant …

Je change de chambre, mon autre fille de 13 ans, qui surfe sur Instagram et qui me sourit …

Toutes les batailles menées dans la guerre de l’addiction et avec comme immense récompense ce regard conscient sur la chance d’avoir mes enfants auprès de moi ….

Mon fils est chez lui, il a repris des études et je sais qu’il n’est plus dans l’urgence de son téléphone pour entendre une voix lui annoncer la mort de sa mère….

Ma vie est finalement assez banale, enfin, si je regarde l’état du monde et ma chance de vivre ici, je reste une immense privilégiée.

Ma vie banale mais qui a connu aussi de nombreuses épreuves, deux fausses couches tardives qui m’ont vraiment affectées profondément, le cancer que mon fils a dû combattre, ma présence auprès de lui à toutes les étapes, ensuite l’annonce de mes problèmes de santé, une gastrectomie subtotale pour stopper un début de cancer, plus tard, une hystérectomie pour les mêmes raisons, un divorce après des décennies de mariage, un viol collectif droguée sous GHB, …. et encore d’autres batailles …

J’aimerais trouver une explication concrète et précise à ma chute dans l’addiction, trouver des excuses, mais je n’en n’ai pas … et je n’en cherche pas …

J’ai toujours été une enfant rebelle, hyperactive, combative et hypersensible, peut-être un terrain favorable à mon addiction ?

Tout s’est passé très rapidement, je n’ai rien vu venir, je n’ai pas vu ma dépendance tout de suite, je l’ai niée, cachée, détournée, mentie ….

Jusqu’au jour où j’ai perdu pied complètement, où la mémoire m’a lâchée, où je marchais seule à 03h00 du matin avec la seule obsession de trouver mon produit, où je mettais ma vie en danger, où j’allais au bout de ce nouveau moi qui était préparé à la mort …

Et enfin, grâce à quelques personnes qui m’aimaient vraiment, l’obligation de me regarder en face et l’acceptation de ma maladie et enfin de prise en charge médicale et psychologique.

J’ai été hospitalisée plus de 13 fois à Belle-Idée et j’ai été hospitalisée deux mois dans une clinique spécialisée, séparée de mes enfants, sans les voir et les entendre.

J’ai ensuite ouvert la porte d’un des centres de la Fondation Phénix et là, enfin, j’ai trouvé l’écoute et le non-jugement et surtout, j’étais une personne avec ma dignité, j’avais un prénom, un nom, avant d’être désignée et regardée comme une malade tombée dans l’addiction.

J’ai un suivi à la Fondation depuis plus de 5 ans, je m’y rends maintenant chaque semaine pour prendre mes médicaments devant l’infirmière et je vois ma psychiatre actuellement toutes les quinzaines, mais quand j’allais très mal, elle m’a vue deux fois au moins, voire plus.

Je m’arrête quelques instants sur ma vie, j’y reviens pour vous expliquer ma proximité avec la mort. Je travaille auprès de personnes très malades et j’ai fait de nombreux suivis jusqu’à leurs décès. Des dizaines d’années travaillant à 100 % dans les soins palliatifs et élevant 3 enfants en même temps. La mort fait partie de mes réalités, mon quotidien, je suis formée et supervisée pour cela. C’est mon travail et je suis particulièrement reconnaissante de pouvoir exercer depuis si longtemps un métier qui me passionne, difficile, mais humain et riche.

L’addiction m’a projetée dans ma propre mort, avec brutalité, insouciance, désinvolture …. le produit comptait plus que tout le reste, même plus que ma propre vie.

J’ai fait souffrir mes enfants horriblement, mes frères, mes parents …. J’ai manipulé, menti, triché … et le seul lieu qui m’a soutenue sans me juger, chaque fois, à chaque rechute, c’est la Fondation Phénix qui me l’a offert.

Jamais je n’ai été jugée, méprisée, ignorée à la Fondation. Dans le regard de chaque soignant, il y a de la bienveillance, de l’écoute, de l’empathie… je n’aurai jamais assez de mots justes pour les remercier pour le travail essentiel que l’équipe accomplit.

Et il y a la Doctoresse qui me suit maintenant depuis plus de 5 ans. Une psychiatre de la Fondation Phénix qui est restée près de moi et qui lorsque je n’y croyais plus, y croyait pour deux. Et en même temps, elle m’a offert beaucoup d’écoute et d’attention, mais elle a déjoué tous mes pièges de manipulations pour me protéger. Elle a été là aussi pour mes enfants, pour mon frère psychiatre qui ne savait plus que faire de moi … elle est restée lucide et décidée à m’aider, chaque fois que je retombais, elle était à nouveau là, présente, bienveillante, non jugeante, compétente et nous repartions ensemble pour une nouvelle bataille contre l’addiction.

Je suis en rémission, mais j’ai gagné beaucoup de batailles mais je sais que la lutte continue, un jour après l’autre ….

Je ne suis pas prête pour quitter mon suivi à la Fondation et j’ai encore besoin d’aide, d’écoute et de soutien.

Ce que je sais maintenant, c’est que jusqu’à ma dernière seconde de vie, je suis en vie …. la seconde d’après je serai morte, alors pourquoi me soucier de la mort !

Ce que je sais maintenant, c’est que le principal est d’avoir réussi à donner de l’espoir à mes enfants de garder leur mère peut-être plus longtemps car, le bilan d’une vie d’un être humain se fait sur l’amour, alors autant avoir encore du temps pour en donner et en recevoir de mes enfants !

Ce que je sais, c’est que j’ai toujours besoin d’aide et que la Fondation est là et ma Doctoresse et l’équipe aussi vont continuer à me suivre le temps de la reconstruction !

Ce que je sais, c’est que sans la Fondation, je serai morte, dans une agression au milieu de la nuit, sous les roues d’une voiture, sous un pont …. Peu importe, la vie n’avait plus de sens et comme je semais la tristesse et la désolation, peut m’importait de mourir.

La Fondation m’a permise de tomber et m’a soutenue dans le défi de me relever et d’essayer à nouveau. Les professionnels/lles du centre ne m’ont jamais jugée et m’ont toujours permise de me sentir digne, une femme, une mère, une professionnelle, un être humain qui valait tous les combats pour moi-même et pour les personnes que j’aime.

Merci ….

Il n’est jamais trop tôt, il n’est jamais trop tard, je vais aussi enfin pouvoir penser à moi et chercher profondément ce qui pourrait m’épanouir personnellement et socialement.

La Fondation Phénix a été essentielle dans le soutien professionnel et humain qu’elle m’a apporté et continue à me prodiguer.

Un regard, mon regard,

lumineux, éclairé, apaisé,

Norah

 


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